PPS, un cluster pour innover

22 septembre 2017

PPS, un cluster pour innover

A l’instar de ce qui se fait dans de nombreuses régions françaises, le groupement industriel Pôle Polymère Sud développe l’innovation collaborative. Une nouvelle façon de travailler et de partager des savoir-faire souvent complémentaires.

A sa création en 1990, PPS (Pôle Polymère Sud) était un centre technique spécialisé dans les matériaux polymères et composites.
En 2013, il devient un groupement industriel d’entreprises de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie.
Parmi la centaine de membres qui le composent, 70% sont issus du domaine de la plasturgie, producteurs, transformateurs ou spécialistes en technologies additives (impression 3D). « Nous allons de l’amont de la filière, avec les moulistes de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie et les chimistes qui synthétisent les matériaux, jusqu’à l’aval où l’on parachève, assemble, découpe et fait le marquage des pièces de plastique, et même jusqu’au recyclage », précise Cécile Cousté, l’animatrice du pôle. Les 30% d’acteurs restants sont des clients tous secteurs confondus : médical, aéronautique, bâtiment, automobile, électroménager…

PPS favorise la mise en place de Groupes de Réflexion et d’Innovation Produits (GRIP) et anime ensuite leurs réunions, une à deux fois par mois. « Nous partons d’un besoin du marché identifié par une entreprise et nous essayons d’y répondre en développant un produit de manière collaborative », précise Cécile Cousté. Tandis que le GRIP Izy’Bat innove dans le bâtiment, grâce à cinq entreprises situées en Béarn et au Pays basque, un second GRIP vise le marché équin et un troisième teste actuellement un démonstrateur aux thermes de Dax. Trois autres GRIP ont vu le jour en 2017, dans les secteurs du machinisme agricole, du golf, et de la glisse. Ce dernier développe un produit à partir du recyclage de matières plastiques.

Diversité des acteurs et tissu local
« Nous ne faisons pas seulement appel aux industriels de la plasturgie. Nous connaissons le tissu local dans la métallurgie, l’électronique, la mécanique de précision, le plastique, le bois, ce qui nous permet de faire appel aux savoir-faire recherchés. La solution peut se situer dans n’importe quel domaine », explique Eric Lac, président de PPS et directeur général de Global Packaging, une PME de 20 salariés qui participe au GRIP équin. PPS s’engage également à faire fabriquer le produit sur le bassin industriel de l’Adour et à privilégier les entreprises du territoire.
« L’essentiel est d’avoir la culture d’innovation et l’envie de partager le risque et l’investissement », analyse Cécile Cousté. De son côté, PPS apporte sa connaissance technique et des réseaux. Il participe financièrement et perçoit une partie des royalties. « Outre l’ouverture vers d’autres cultures, participer à PPS donne aux entreprises la possibilité de générer du revenu exceptionnel qui peut ensuite être investi dans leurs activités », souligne Eric Lac. Le pôle a aussi une vocation pédagogique : les TPE et les PME apprennent à identifier toutes les étapes de l’innovation. Un savoir-faire utile pour mener ensuite d’autres projets.
www.pps-clusters.eu

Déjà deux produits développés dans les Pyrénées-Atlantiques

Izy’Bat Innovations commercialise depuis un an un serre-joint en plastique pour les maçons, conçu pour remplacer les serre-joints en métal, plus lourds et accidentogènes. Fabriqué par Valcoplast, cet outil est commercialisé par Toffolo. Trois autres sociétés ont participé à son développement : Arelec, EBL et IDM.
En Béarn, la jeune société Flex-On a associé ses compétences dans le secteur équin aux compétences en R&D et en design de Global Packaging pour mettre au point un éperon en matériau composite. Partant de l’identification d’un manque de confort pour les cavaliers avec les éperons habituels, les sociétés ont élaboré une solution tout en plastique, sans sangle ni lanière. « Tout a démarré avec la rencontre d’élèves en sport-étude équitation. Notre système permet de clipser l’éperon sur la botte », explique Eric Lac, directeur général de Global Packaging.
L’éperon est commercialisé depuis avril 2017 et sera présenté en septembre au salon international SPOGA du cheval en Allemagne. Le démarrage du produit a été encore plus fort que celui de l’étrier qu’avait commercialisé Flex-On il y a deux ans.
2000 éperons ont déjà été vendus début juillet. EAS à Pau et EBL à Mauléon démarrent de leur côté le développement d’une innovation dans la robotique et le numérique, destinée au thermalisme et qui sera commercialisée courant 2018.

Du polymère aux matériaux composites

Les polymères sont des molécules constituées de monomères unis par des liaisons telles que l’amidon et les protéines. Il s’agit d’une classe de matériaux. Les plus connus sont les fibres naturelles (végétales ou animales), les matières plastiques, les caoutchoucs naturels et artificiels, les colles, les peintures, les résines… Les polymères sont très utilisés dans les matériaux composites pour leur légèreté et leur souplesse. Ils servent aussi d’isolants électriques et thermiques. Les polymères de synthèse sont devenus l’élément essentiel d’un nombre important d’objets de la vie courante et sont présents dans de nombreux domaines industriels.

Dynamic n°143 octobre-novembre-décembre 2017

102
c’est le nombre d’adhérents au PPS.

6
c’est le nombre de groupes de travail animés par PPS. Ils comptent au total une vingtaine d’entreprises.

74%
des entreprises membres de PPS se situent en Nouvelle-Aquitaine.

2 à 5
c’est le nombre d’entreprises dans chaque GRIP.

92 %
d’adhérents de PPS sont des TPE ou des PME de moins de 250 salariés.

18 mois
C’est la durée moyenne qu’il faut compter pour parvenir à la commercialisation d’un produit innovant co-développé avec PPS, à partir de l’identification du besoin de départ.